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MSC, ASC, Bio : quel label choisir pour son poisson ?

  • admin
  • 15 juil.
  • 5 min de lecture

Les labels sont utiles parce qu’ils apportent des critères, des contrôles et une certaine traçabilité. Ils ne constituent toutefois jamais une garantie environnementale absolue.

Un produit labellisé peut être préférable à un produit totalement opaque, tout en conservant une empreinte carbone importante, des impacts locaux ou des limites liées au cahier des charges.

Tableau comparatif des principaux labels

Label ou mention

Ce qu’il apporte

Ses limites

MSC – pêche sauvage

Évalue l’état du stock ciblé, les effets de la pêche sur l’écosystème et la qualité de la gestion. Prévoit des audits par des organismes tiers et une chaîne de traçabilité.

Ne garantit ni une faible empreinte carbone, ni un transport limité. Les conditions sociales et économiques ne font pas partie du cœur du label. Certaines ONG et études critiquent également la place importante des grandes pêcheries industrielles parmi les volumes certifiés.

ASC – aquaculture

Impose des critères sur la qualité de l’eau, les rejets, la biodiversité, les échappements, les traitements, la traçabilité et l’alimentation. Les nouveaux référentiels renforcent notamment les exigences liées aux aliments utilisés.

Ne signifie pas que le poisson est local ou bas carbone. Le label a été critiqué concernant les densités d’élevage, la mortalité, les échappements, les traitements chimiques et le bien-être animal. Les performances peuvent varier entre fermes certifiées.

Bio européen / AB – aquaculture

Encadre le mode d’élevage, l’alimentation, les densités, l’usage des traitements, certaines conditions environnementales et certains aspects du bien-être animal. Les opérateurs sont contrôlés par un organisme certificateur.

Ne concerne pas la pêche sauvage. Ne garantit pas une faible empreinte carbone, une origine locale ou l’absence totale de farine et d’huile de poisson dans l’alimentation des espèces carnivores. Un saumon bio reste un saumon d’élevage avec des impacts.

Écolabel public “Pêche Durable”

Label français intégrant des exigences environnementales, sociales et économiques. Il prend en compte la ressource, l’écosystème, les conditions de travail et la contribution de l’activité au territoire.

Peu visible dans les rayons et ne couvre qu’une partie limitée de l’offre. Comme les autres labels, il ne dispense pas de vérifier l’espèce, la zone et le produit concerné.

Label Rouge

Garantit principalement un niveau de qualité supérieur par rapport à un produit courant comparable. Certains cahiers des charges comportent aussi des règles précises sur l’élevage ou l’alimentation.

Ce n’est pas, en tant que tel, un label de faible impact environnemental. Les critères varient selon chaque cahier des charges et portent d’abord sur la qualité du produit.

Mentions d’origine ou de filière française

Améliorent la traçabilité et permettent de soutenir certaines filières françaises.

« Français », « local » ou « débarqué en France » ne signifie pas automatiquement que le stock est en bon état, que la pêche est sélective ou que l’empreinte carbone est faible.


MSC

Le MSC repose sur trois piliers : la durabilité de la population exploitée, la limitation des impacts sur l’écosystème et l’existence d’une gestion efficace. Les entreprises de la chaîne d’approvisionnement doivent assurer la séparation et la traçabilité des produits certifiés, avec des audits réguliers.

Le label permet donc :

  • d’écarter une partie des produits les moins documentés ;

  • d’améliorer la traçabilité ;

  • d’inciter certaines pêcheries à mettre en place des actions correctives ;

  • de rendre plus visibles des pêcheries considérées comme bien gérées.

Ce qui est reproché au MSC

Le MSC précise lui-même que son label ne couvre pas l’empreinte carbone, le conditionnement final ou les dimensions sociales et économiques. Un poisson MSC peut ainsi provenir d’une pêcherie industrielle, être capturé avec un engin énergivore et parcourir une longue distance avant d’arriver en rayon.

Une étude publiée dans PLOS One a par ailleurs montré que les volumes certifiés provenaient très majoritairement de pêcheries industrielles, alors que la communication du label mettait fréquemment en avant des images associées à la petite pêche artisanale.

Cela ne rend pas le label inutile, mais invite à le considérer comme un premier filtre, et non comme une preuve que le produit possède le meilleur profil environnemental possible.


ASC

Le référentiel ASC impose aux élevages des mesures portant notamment sur :

  • la prévention des pollutions ;

  • la qualité de l’eau ;

  • la protection des habitats et de la faune sauvage ;

  • les échappements ;

  • la gestion des maladies ;

  • l’usage des antibiotiques et des produits chimiques ;

  • la traçabilité ;

  • l’origine et la composition des aliments.

Depuis fin 2025, les fermes certifiées doivent utiliser des aliments conformes au référentiel ASC Feed, qui comporte notamment des exigences sur l’origine des ingrédients marins et les risques de déforestation associés aux ingrédients végétaux.

Ce qui est reproché à l’ASC

Le label a été critiqué pour les marges de manœuvre laissées aux exploitants concernant certaines mortalités élevées, les échappements accidentels, la densité des poissons et certains traitements.

Il ne fixe pas non plus un plafond garantissant une faible empreinte carbone. Un saumon certifié ASC peut être transporté sur une longue distance et rester dépendant d’aliments constitués en partie d’ingrédients marins ou de soja.

L’ASC améliore donc les pratiques par rapport à une aquaculture totalement dépourvue de garanties, mais ne transforme pas automatiquement un élevage intensif en production sans impact.

Bio : les points positifs

Le règlement biologique européen prévoit notamment des densités maximales propres aux espèces, des exigences relatives à l’alimentation, des restrictions sur les hormones et certains traitements, ainsi que des règles de gestion sanitaire et de bien-être animal.

Les limites du label Bio

Le label Bio porte d’abord sur les conditions de production, pas sur l’ensemble de l’analyse du cycle de vie.

Il ne garantit donc pas :

  • une production française ;

  • un transport court ;

  • une absence de congélation ;

  • une faible empreinte carbone ;

  • une alimentation entièrement indépendante des ressources marines ;

  • une absence totale de mortalité ou d’échappement.

Il constitue une garantie intéressante pour un poisson d’élevage, mais doit être combiné avec l’origine, l’espèce et les pratiques de la ferme.

Label Rouge : attention à ne pas le confondre avec un label écologique

Le Label Rouge atteste avant tout qu’un produit présente un niveau de qualité supérieur à celui d’un produit courant comparable. Il peut intégrer des exigences intéressantes, mais sa vocation première n’est pas de mesurer l’état des stocks, l’empreinte carbone ou l’ensemble des conséquences sur la biodiversité.

Un poisson Label Rouge peut donc être bon, bien élevé et bien tracé sans nécessairement être le poisson ayant le plus faible impact environnemental.

Verdict : faut-il privilégier un poisson labellisé ?

Oui, à produit comparable, un label environnemental reconnu est généralement préférable à l’absence totale d’information.

Mais on conseille souvent de conserver cet ordre de vérification :

  1. l’espèce exacte ;

  2. la zone de pêche ou le pays d’élevage ;

  3. l’état du stock ;

  4. la méthode de pêche ou d’élevage ;

  5. le label ;

  6. le transport, la transformation et le conditionnement.

Un label ne rend pas automatiquement un poisson durable. Il permet surtout de réduire l’incertitude et d’obtenir davantage de garanties qu’avec un produit non tracé.

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