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Qu'est-ce qu'une mercuriale en restauration ?

  • admin
  • 13 juin
  • 4 min de lecture

La mercuriale en restauration : l’arme secrète pour maîtriser votre food cost ?

Entre l'inflation des matières premières, les coups de feu en cuisine et les plannings à boucler, il y a un ennemi invisible qui grignote vos marges chaque jour : la fluctuation des prix des fournisseurs.

Si vous en avez marre de découvrir des surprises sur vos factures en fin de mois, il est temps de dégainer l'outil indispensable des gestionnaires : la mercuriale.

On vous explique concrètement ce que c'est, comment la mettre en place et comment l'optimiser.


Le saviez-vous : d'où vient le mot "mercuriale" ?  À l'origine, sous l'Ancien Régime, la "mercuriale" était le marché public qui se tenait le mercredi (jour de Mercure). C'est là qu'on fixait officiellement le prix des grains et des denrées pour la semaine.

Une mercuriale en restauration, c'est quoi ?

Pour faire simple, une mercuriale est un catalogue de prix négocié et fixé avec vos fournisseurs pour une période donnée (un mois, un trimestre, une saison).

C’est un contrat de confiance écrit qui liste :

  • Les produits exacts dont vous avez besoin (avec leur référence).

  • Le conditionnement (au kilo, à la caisse, à la pièce).

  • Le prix unitaire bloqué.

Pourquoi c'est intéressant ? Sans mercuriale, vous risquez de subir le cours du marché au jour le jour. Avec une mercuriale, vous savez combien vous coûte chaque produit qui entre dans votre cuisine, ce qui permet de calculer un food cost plus précis.

Comment créer votre mercuriale ? La méthode pas-à-pas :

Ne foncez pas tête baissée en essayant de lister les 400 références de votre économat. Allez à l'essentiel.

1. Appliquez la loi des 80/20 (Loi de Pareto)

Concentrez-vous sur les 20 % de produits qui représentent 80 % de vos dépenses (les viandes, les poissons, la crémerie, les huiles). Ce sont ces produits qui doivent être verrouillés en priorité.

2. Rédigez un cahier des charges précis

Pour comparer ce qui est comparable, soyez spécifique. Par exemple, ne notez pas juste "crème liquide". Notez : Crème liquide 35% M.G., brique de 1L, marque X ou équivalent.

3. Faites jouer la concurrence

Envoyez votre liste à 2 ou 3 fournisseurs. Dites-leur clairement : "Voici mes volumes prévisionnels pour les 3 prochains mois. Donnez-moi vos meilleurs prix bloqués."

4. Validez et signez

Une fois l'accord trouvé, vous et votre fournisseur signez le document.

Comment l'optimiser au quotidien ?

Avoir une mercuriale, c'est bien. S'en servir correctement, c'est mieux. Voici trois réflexes à adopter :

  • Le contrôle à la livraison : C'est le piège classique. Le livreur arrive, on est en plein rush, on signe le bon de livraison sans regarder. Erreur ! Si c'est possible, essayez de nommer un responsable pour vérifier que le prix facturé correspond à la mercuriale.

  • Anticipez la saisonnalité : Les tomates en plein mois de janvier, c’est plus cher et c'est normal. Adaptez vos mercuriales (et vos menus) au rythme des saisons pour négocier des tarifs logiques.

  • Digitalisez l'outil : Oubliez le vieux classeur plein de poussière. Aujourd'hui, les logiciels de gestion de stock pour restaurants intègrent directement vos mercuriales et vous alertent automatiquement en cas d'écart de prix sur une facture. Vous pouvez aussi vous en sortir avec un Excel bien travaillé (mais cela peut être long à mettre en place).


    📌 À retenir : La check-list de la mercuriale parfaite



    Pour être sûr que votre document tient la route, cochez ces cases :

    • [ ] Spécifique : Chaque produit a une marque, un calibre et un conditionnement précis.

    • [ ] Datée : La période de validité (début et fin) est écrite noir sur blanc.

    • [ ] Signée : Le document est paraphé par vous ET le (directeur commercial du) fournisseur.

    • [ ] Accessible : Elle est disponible à l'économat pour la personne qui reçoit les livraisons, mais aussi pour le Chef qui crée les menus.

    • [ ] Connectée : Vos prix négociés sont mis à jour dans votre logiciel de caisse ou de stock.


      3 astuces de "vieux loups de mer" pour optimiser vos négociations :


      1) Le piège des produits "hors-mercuriale" (L'effet tiroir) : C'est une technique plutôt classique de fournisseurs. Ils vous accordent un prix ultra-compétitif sur vos 20 produits phares (la viande, le poisson), mais se rattrapent fort sur les produits du quotidien que vous n'avez pas verrouillés (le sel, l'huile de friture, le papier d'aluminium, les produits d'entretien). L'astuce ici : Intégrez toujours quelques consommables à forte rotation dans votre liste négociée.


      2) La clause de baisse des cours : Une bonne mercuriale vous protège des hausses, mais elle ne doit pas vous bloquer si les cours du marché s'effondrent. Insérez toujours une clause stipulant que si le cours moyen d'un produit (comme le beurre ou le café) baisse de plus de 10 %, le prix de votre mercuriale doit être réajusté à la baisse.


      3) Négociez la gratuité plutôt que la remise : Si un fournisseur refuse de baisser le prix au kilo d'un produit noble, demandez-lui plutôt une gratuité de volume (ex:


    • "1 caisse gratuite pour 10 achetées"). Pour lui, c'est plus facile à comptabiliser, et pour vous, cela fait baisser mécaniquement votre coût moyen.


En résumé :

Sans mercuriale

Avec mercuriale

Prix fluctuants au gré du marché

Coûts matières prévisibles et stables

Calcul du Food Cost approximatif

Marges maîtrisées au centime près

Perte de temps à vérifier chaque facture

Gain de temps (et d'argent) grâce aux alertes

Prenez deux heures cette semaine pour poser les bases avec vos fournisseurs principaux. Votre compte de résultat vous dira merci !


Bonus : Pour télécharger une version ultra-simple d'une mercuriale c'est ici :


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