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Le coût environnemental alimentaire : comment fonctionne ce nouveau score visible sur certains produits ?

  • admin
  • il y a 4 jours
  • 19 min de lecture


Après le Nutri-Score, une nouvelle information commence à apparaître sur certains produits alimentaires vendus en France : leur coût environnemental.

Exprimé sous la forme d’une valeur chiffrée, ce nouvel affichage vise à traduire les impacts d’un aliment sur l’ensemble de son cycle de vie : production agricole, transformation, transport, emballage, distribution et, selon les produits, préparation ou fin de vie.

L’objectif est double :

  • aider les consommateurs à comparer l’impact environnemental des aliments ;

  • inciter les fabricants, les distributeurs et les filières agricoles à améliorer leurs pratiques.

Depuis le printemps 2026, ce score peut être affiché volontairement par des professionnels sur certains produits alimentaires. Il n’est pas encore obligatoire. La méthode publique est accessible grâce à l’outil Ecobalyse, développé par l’État et l’ADEME.

Mais que mesure exactement ce chiffre ? Comment est-il calculé ? Est-il comparable au Nutri-Score, au Green-Score / Eco-Score ? Et comment le lire ?


L’essentiel à retenir

Le nouvel affichage du coût environnemental sur les produits alimentaires :

  • repose principalement sur une analyse du cycle de vie ;

  • prend en compte plusieurs impacts, et pas uniquement le carbone ;

  • agrège ces impacts en un coût environnemental exprimé en points ;

  • fonctionne selon une logique inverse du Nutri-Score : plus le chiffre est élevé, plus le produit est impactant ;

  • peut être affiché sur les emballages, en rayon ou en ligne ;

  • reste volontaire en 2026 ;

  • commence à apparaître sur certains produits de grande consommation ;

  • utilise une méthode publique et un outil de calcul ouvert, Ecobalyse ;

  • est encore en cours d’enrichissement et de stabilisation pour certaines catégories et certains ingrédients alimentaires.

Le coût environnemental ne dit pas si un aliment est bon pour la santé. Il indique le niveau d’impact environnemental associé à sa production et à son cycle de vie.

Qu’est-ce que l’affichage environnemental alimentaire ?

L’affichage environnemental consiste à rendre visible l’impact d’un produit sur l’environnement au moment de l’achat.

Dans le secteur alimentaire, cette information peut être présentée :

  • directement sur l’emballage ;

  • sur l’étiquette du rayon ;

  • sur une affiche en magasin ;

  • sur la fiche d’un produit vendu en ligne ;

  • par l’intermédiaire d’un QR code ;

  • dans une application ou un outil numérique.

Le dispositif français retient l’expression coût environnemental. On trouve également les formulations :

  • score environnemental ;

  • score d’impact environnemental ;

  • affichage environnemental alimentaire ;

  • empreinte environnementale d’un produit alimentaire.

Le terme "coût" ne correspond pas à une somme en euros. Il s’agit d’une unité de comparaison exprimant la pression exercée par le produit sur l’environnement.

Comment lire le score ?

La règle est simple :

Plus le coût environnemental est élevé, plus les impacts du produit sont importants.

Un aliment affichant 350 points environnementaux est donc considéré comme plus impactant qu’un produit comparable affichant 120 points, à condition que les deux résultats aient été calculés selon le même périmètre et la même unité de référence.

Cette logique est différente de celle d’une note sur 100, pour laquelle une valeur élevée serait souvent perçue comme positive.

L’affichage environnemental alimentaire est-il déjà en place ?

Oui, mais son déploiement reste encore limité et volontaire.

L’ADEME indique que la méthode Ecobalyse est librement accessible aux professionnels depuis 2025 et que le coût environnemental commence à être disponible sur certains produits alimentaires depuis le printemps 2026. Les entreprises choisissent, à ce stade, de participer au dispositif et d’afficher ou non leur résultat.

Il est donc possible de rencontrer ce score :

  • sur certains produits de marques engagées ;

  • sur des produits de marques de distributeur ;

  • au cours d’expérimentations en magasin ;

  • sur des sites marchands ;

  • dans des communications environnementales de fabricants.

Cela ne signifie pas que tous les supermarchés ni tous les produits alimentaires l’affichent déjà.


Pourquoi parle-t-on de la grande distribution ?

La grande distribution participe aux travaux sur l’affichage environnemental depuis plusieurs années.

Lors des premières expérimentations organisées entre 2020 et 2021.

Ces expérimentations ont permis de tester :

  • différentes méthodes de calcul ;

  • plusieurs logos et présentations visuelles ;

  • la compréhension des consommateurs ;

  • la disponibilité des données ;

  • la faisabilité d’un affichage à grande échelle.

L’apparition actuelle de scores sur certains produits constitue donc l’aboutissement progressif de plusieurs années de tests, mais pas encore une généralisation complète à l’ensemble des rayons.

L’affichage environnemental est-il obligatoire ?


En juillet 2026, l’affichage environnemental alimentaire reste volontaire et encadré.

La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) publiée en février 2026 prévoit le déploiement d’un affichage environnemental volontaire encadré pour les produits alimentaires mis sur le marché.

Le Code de l’environnement prévoit néanmoins la possibilité de rendre l’affichage obligatoire pour certaines catégories de produits après les phases d’expérimentation. Un décret doit alors préciser :

  • les catégories concernées ;

  • la méthode obligatoire ;

  • les modalités d’affichage ;

  • les adaptations applicables aux petites entreprises ;

  • les éventuelles obligations de publication des données.

Il faut donc distinguer deux étapes :

  1. la phase actuelle, volontaire et destinée à déployer progressivement la méthode ;

  2. une éventuelle phase obligatoire, qui nécessiterait des textes réglementaires précisant les produits et les règles applicables.

Peut-on afficher n’importe quel score environnemental ?

Non.

Même dans un cadre volontaire, une entreprise ne peut pas présenter comme officiel ou fiable un affichage environnemental qui ne respecterait pas les conditions réglementaires applicables.

Le Code de l’environnement prévoit l’interdiction d’utiliser ou de publier un affichage ne remplissant pas les exigences définies. Les manquements peuvent être sanctionnés par une amende administrative allant jusqu’à :

  • 3 000 euros pour une personne physique ;

  • 15 000 euros pour une personne morale.

La mise en œuvre concrète des contrôles et des vérifications propres à l’alimentaire doit toutefois encore être précisée.

Pourquoi créer un affichage environnemental pour l’alimentation ?

Source : ONAV, comparaison régimes alimentaires


L’alimentation représente une part importante de l’empreinte environnementale française.

Le projet de troisième Stratégie nationale bas-carbone estime que l’empreinte carbone de l’alimentation atteignait environ 130 millions de tonnes de CO₂e en 2024, soit près de 23 % de l’empreinte carbone totale des Français.

Ces émissions sont notamment liées :

  • à l’élevage ;

  • à la production d’engrais ;

  • aux changements d’usage des terres ;

  • à la consommation d’énergie ;

  • à la transformation industrielle ;

  • au transport ;

  • à la réfrigération ;

  • aux emballages ;

  • au gaspillage alimentaire.

Mais le climat n’est pas le seul enjeu. La production alimentaire contribue également :

  • à la consommation d’eau ;

  • à l’érosion de la biodiversité ;

  • à la pollution des sols et des eaux ;

  • à l’eutrophisation ;

  • à l’acidification des milieux ;

  • à l’épuisement de certaines ressources ;

  • à la déforestation ;

  • à la pression sur les stocks de poissons.

Comment le coût environnemental d’un aliment est-il calculé ?

Le calcul repose principalement sur l’analyse du cycle de vie, ou ACV.

Cette méthode comptabilise les ressources utilisées et les émissions générées au cours des différentes étapes nécessaires pour produire, distribuer, consommer et éliminer un produit.

Les principales étapes étudiées

Selon le produit et les données disponibles, le calcul peut inclure :

  1. la production des matières premières agricoles ;

  2. la fabrication des engrais, aliments pour animaux et autres intrants ;

  3. l’élevage ou la culture ;

  4. la transformation des ingrédients ;

  5. la fabrication du produit ;

  6. l’emballage ;

  7. le transport ;

  8. la distribution ;

  9. la réfrigération ou la congélation ;

  10. la préparation chez le consommateur ;

  11. la gestion des emballages et déchets.

La méthode ne s’arrête donc pas au seul lieu de fabrication du produit.

Un biscuit fabriqué en France peut contenir :

  • du cacao venu de Côte d’Ivoire ;

  • de l’huile produite en Asie ;

  • du sucre européen ;

  • du blé français ;

  • un emballage fabriqué dans un autre pays.

Le calcul doit idéalement reconstituer ces différentes composantes.

Le score mesure-t-il seulement l’empreinte carbone ?

Non.

Le coût environnemental agrège plusieurs familles d’impacts environnementaux. L’ADEME cite notamment :

  • les émissions de gaz à effet de serre ;

  • la consommation d’eau ;

  • l’utilisation de ressources naturelles ;

  • les atteintes à la biodiversité ;

  • les différentes formes de pollution.

L’outil Ecobalyse s’inscrit dans la logique de la méthode européenne Product Environmental Footprint, ou PEF, qui évalue plusieurs catégories d’impact.

Parmi les impacts généralement étudiés dans une ACV alimentaire figurent :

  • le changement climatique ;

  • la consommation et la rareté de l’eau ;

  • l’usage des terres ;

  • l’acidification ;

  • l’eutrophisation des eaux douces ;

  • l’eutrophisation marine ;

  • l’eutrophisation terrestre ;

  • les émissions de particules fines ;

  • la formation d’ozone photochimique ;

  • l’épuisement des ressources énergétiques ;

  • l’épuisement des ressources minérales ;

  • la toxicité humaine ;

  • l’écotoxicité ;

  • l’appauvrissement de la couche d’ozone ;

  • les radiations ionisantes.

Les résultats sont ensuite normalisés, pondérés et agrégés afin d’aboutir à un indicateur unique.

Comment des impacts aussi différents peuvent-ils être additionnés ?

À première vue, il semble impossible d’additionner directement :

  • des kilogrammes de CO₂e ;

  • des mètres cubes d’eau ;

  • des émissions contribuant à l’eutrophisation ;

  • des ressources minérales consommées ;

  • des effets potentiels sur la santé humaine.

La méthode utilise donc plusieurs opérations.

1. La caractérisation

Chaque émission ou ressource est convertie dans l’unité correspondant à sa catégorie d’impact.

Par exemple :

  • les gaz à effet de serre sont exprimés en équivalent CO₂ ;

  • les substances acidifiantes sont converties en une unité commune ;

  • les substances contribuant à l’eutrophisation sont regroupées selon leur potentiel d’impact.

2. La normalisation

Le résultat est comparé à une valeur de référence afin de mesurer son importance relative.

3. La pondération

Un poids est attribué à chaque catégorie d’impact.

Le changement climatique, l’eau, les ressources, les pollutions et les autres dimensions ne contribuent donc pas tous de manière identique au résultat final.


4. L’agrégation

Les différentes catégories pondérées sont additionnées afin d’obtenir une valeur unique exprimée en points environnementaux.

Cette dernière étape facilite la comparaison, mais elle introduit nécessairement des choix méthodologiques : attribuer un poids à chaque enjeu revient à décider de leur importance relative.

Quelles données sont utilisées ?

Le dispositif s’appuie sur plusieurs types de données.

Les données environnementales publiques

La principale base utilisée pour l’alimentation est AGRIBALYSE, développée par l’ADEME avec des partenaires scientifiques et techniques.

AGRIBALYSE fournit des données d’analyse du cycle de vie pour :

  • des produits agricoles ;

  • des ingrédients ;

  • des aliments transformés ;

  • des produits consommés en France.

Elle contient par exemple des données relatives :

  • au blé ;

  • au lait ;

  • au bœuf ;

  • aux tomates ;

  • aux légumineuses ;

  • aux huiles ;

  • aux poissons ;

  • aux plats préparés.

Les données déclarées par l’entreprise

Pour affiner le résultat, le fabricant peut renseigner :

  • la recette ;

  • la proportion de chaque ingrédient ;

  • l’origine géographique ;

  • le mode de production ;

  • les labels ;

  • les procédés de transformation ;

  • le type et le poids des emballages ;

  • les transports ;

  • les conditions de conservation.

L’ADEME indique que les entreprises peuvent également réaliser des ACV à partir de leurs propres données, selon les paramètres acceptés par la méthodologie.

Les valeurs moyennes ou par défaut

Lorsque l’entreprise ne dispose pas d’une information précise, le calcul peut utiliser :

  • une origine moyenne ;

  • une pratique agricole moyenne ;

  • un mode de transport par défaut ;

  • une recette générique ;

  • une valeur issue d’AGRIBALYSE.

Cette possibilité rend le calcul plus accessible, mais réduit sa précision.

Deux produits peuvent sembler similaires tout en obtenant des résultats différents si l’un fournit des données précises et l’autre utilise des valeurs moyennes.

Qu’est-ce qu’Ecobalyse ?



Ecobalyse est l’outil public développé pour faciliter le calcul du coût environnemental.

Il permet notamment aux professionnels :

  • de sélectionner un produit ou une recette ;

  • de renseigner les ingrédients ;

  • de préciser les origines ;

  • d’intégrer certains modes de production ;

  • de renseigner les emballages et procédés ;

  • d’obtenir un score environnemental agrégé ;

  • d’identifier les étapes les plus impactantes.

L’outil vise à réduire le coût et la complexité des analyses du cycle de vie.

La méthode est-elle entièrement finalisée ?

Pas encore pour toutes les situations.

En janvier 2026, l’ADEME sollicitait encore les professionnels et experts afin d’enrichir la base d’ingrédients transformés et de stabiliser certains éléments de la méthode alimentaire. Les données proposées doivent notamment être soumises au GIS REVALIM pour revue critique.

Il faut donc comprendre le dispositif actuel comme une méthode :

  • déjà utilisable ;

  • rendue progressivement visible ;

  • fondée sur plusieurs années de travaux ;

  • mais encore enrichie et améliorée pour couvrir davantage de produits.

Ce caractère évolutif doit être clairement indiqué par les entreprises qui communiquent sur leur score.

Les limites de l’analyse du cycle de vie

Les ACV sont particulièrement performantes pour mesurer :

  • les flux de matière ;

  • la consommation d’énergie ;

  • les émissions ;

  • les transports ;

  • l’usage de ressources.

Elles rencontrent davantage de difficultés pour représenter précisément :

  • l’effondrement local d’une population animale ;

  • la biodiversité d’une parcelle ;

  • la qualité des paysages ;

  • le bien-être animal ;

  • la résilience d’une exploitation ;

  • les services rendus par les prairies ;

  • la diversité génétique ;

  • la dégradation locale des sols ;

  • certaines pollutions diffuses.

La méthode alimentaire cherche donc à mieux intégrer les externalités propres aux systèmes agricoles. La loi prévoit d’ailleurs explicitement que l’affichage doit tenir compte des externalités environnementales des systèmes de production, en particulier pour les produits agricoles et alimentaires.

Le bio est-il mieux noté ?

Le mode de production biologique peut influencer le résultat, mais un produit bio n’obtient pas automatiquement le meilleur score.

L’agriculture biologique peut apporter des bénéfices liés :

  • à la limitation des pesticides de synthèse ;

  • à la biodiversité ;

  • à la fertilité des sols ;

  • à la rotation des cultures ;

  • à certaines pratiques d’élevage.

Mais certains produits biologiques peuvent également présenter :

  • des rendements plus faibles ;

  • un usage des terres plus important par kilogramme produit ;

  • des besoins de transport élevés ;

  • une transformation importante ;

  • des emballages lourds.

Le résultat dépend donc de l’ensemble du cycle de vie.

Les acteurs de l’agriculture biologique et de l’agroécologie ont d’ailleurs exprimé des craintes sur la capacité des indicateurs classiques d’ACV à représenter correctement leurs bénéfices. La méthode publique prévoit des travaux destinés à mieux intégrer ces dimensions.

Un produit local obtient-il forcément un meilleur score ?

Non.

Le transport compte, mais il n’est pas toujours le principal poste d’impact.

Pour de nombreux produits agricoles, la phase de production pèse davantage que la distance parcourue.

Quelques exemples :

  • une tomate locale cultivée sous serre chauffée peut être plus impactante qu’une tomate de saison transportée depuis une région voisine ;

  • du bœuf local reste généralement plus émetteur qu’une légumineuse importée par bateau ;

  • un fruit transporté par avion peut en revanche voir son impact fortement augmenter ;

  • un produit congelé pendant plusieurs mois peut accumuler des impacts liés au stockage.

Le bon raisonnement consiste donc à croiser en prio :

  • le produit ;

  • son mode de production ;

  • sa saison ; Puis :

  • son origine ;

  • son transport ;

  • sa conservation.

L’emballage est-il pris en compte ?

Oui.

Les emballages et le transport sont bien inclus, tout comme la recette et les modes de production.

Le calcul peut considérer :

  • le matériau ;

  • la masse ;

  • le nombre de composants ;

  • la fabrication ;

  • la recyclabilité ;

  • la fin de vie ;

  • la part de matière recyclée ;

  • les pertes évitées grâce à l’emballage.

L’emballage n’est pas toujours le principal problème

Un emballage plastique visible peut sembler plus préoccupant qu’un impact agricole invisible. Pourtant, dans de nombreux cas sur les produits animaux, la production de la matière première représente une part beaucoup plus importante du bilan.

Réduire l’emballage d’un produit très carboné ne suffit donc pas à en faire un produit peu impactant.

À l’inverse, supprimer un emballage peut augmenter le gaspillage alimentaire. Il faut alors comparer :

  • l’impact de l’emballage ;

  • l’impact du produit perdu ;

  • la durée de conservation ;

  • les conditions logistiques.

Quelle différence entre coût environnemental et empreinte carbone ?

L’empreinte carbone mesure uniquement les émissions de gaz à effet de serre, exprimées en équivalent CO₂.

Le coût environnemental est un indicateur multicritère.

Indicateur

Ce qu’il mesure

Empreinte carbone

Contribution au changement climatique

Consommation d’eau

Pression sur la ressource hydrique

Usage des terres

Surface et transformation des sols

Eutrophisation

Enrichissement excessif des milieux en nutriments

Acidification

Contribution à l’acidification des sols et des eaux

Écotoxicité

Effets potentiels de substances sur les écosystèmes

Coût environnemental

Agrégation de plusieurs impacts

Le coût environnemental contient donc une composante climatique, mais ne doit pas être présenté comme un nombre de kilogrammes de CO₂.

Quelle différence avec le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score et le coût environnemental ne mesurent pas la même chose.

Critère

Nutri-Score

Coût environnemental

Sujet

Nutrition

Environnement

Échelle

A à E

Points environnementaux

Lecture

A est plus favorable

Un chiffre faible est plus favorable

Sucres

Oui

Non comme critère nutritionnel

Sel

Oui

Non comme critère nutritionnel

Fibres

Oui

Non

Émissions de CO₂

Non

Oui

Eau

Non

Oui

Biodiversité

Non

Partiellement

Transport

Non

Oui

Emballage

Non

Oui

Cycle de vie

Non

Oui

Un produit peut donc avoir :

  • un bon Nutri-Score et un coût environnemental élevé ;

  • un mauvais Nutri-Score et un coût environnemental relativement faible ;

  • de bonnes performances sur les deux ;

  • de mauvaises performances sur les deux.


Quelle différence avec le Green-Score ou l’Eco-Score ?

Le Green-Score, auparavant souvent appelé Eco-Score, est une méthode collective développée avant la stabilisation de la méthode officielle française.

Il repose généralement sur :

  • les données AGRIBALYSE ;

  • une analyse du cycle de vie ;

  • des bonus et malus liés à l’origine ;

  • les labels ;

  • la saisonnalité ;

  • les emballages ;

  • les espèces menacées. Il s'agit d'un affichage coloré allant de A à F+ (qui ressemble sur la forme au Nutri-Score).

Le coût environnemental Ecobalyse est, quant à lui, le dispositif porté par l’État et l’ADEME pour devenir la référence publique française,

Les deux approches poursuivent un objectif similaire, mais leurs calculs, leurs pondérations, leurs unités et leur présentation ne sont pas nécessairement identiques. Le coût environnemental est un chiffre en noir sur blanc alors que le GreenScore est un score coloré.


Le score permet-il de comparer tous les aliments entre eux ?


Les comparaisons les plus utiles

Le score est particulièrement intéressant pour comparer :

  • deux yaourts ;

  • deux plats préparés ;

  • deux steaks végétaux ;

  • deux biscuits ;

  • deux pizzas ;

  • deux recettes assurant une fonction similaire ;

  • plusieurs versions d’un même produit.

Les comparaisons à interpréter avec prudence

Comparer directement par exemple :

  • un kilogramme de poivre et un kilogramme de pommes ;

  • une huile et une soupe ;

  • une épice et un plat complet ;

  • une boisson et un fromage ;

peut être trompeur si l’unité ne tient pas compte de l’usage réel.

Le score doit aider à arbitrer entre des produits comparables, mais aussi à comprendre les grands écarts entre catégories alimentaires.

Quels aliments ont généralement l’impact le plus élevé ?

Même si les résultats varient selon les systèmes de production, les analyses du cycle de vie mettent généralement en évidence une hiérarchie robuste.

Source : Bonpote

Les impacts les plus élevés sont souvent associés :

  • au bœuf ;

  • à l’agneau ;

  • à certains fromages ;

  • à certains produits issus de l’élevage ;

  • à certains poissons ou crustacés capturés avec des méthodes très énergivores ;

  • aux produits transportés par avion ;

  • aux fruits et légumes cultivés sous serre chauffée hors saison.

Les impacts les plus faibles sont généralement associés :

  • aux légumineuses ;

  • aux céréales ;

  • aux pommes de terre ;

  • aux légumes de saison ;

  • à de nombreux fruits ;

  • aux plats principalement végétaux.



Le score tient-il compte de l’origine étrangère ?

Oui.

Tous les produits peuvent en principe être calculés, y compris ceux provenant de l’étranger. La précision dépend toutefois de la traçabilité et de la disponibilité des données.

Lorsque l’origine exacte est connue, le calcul peut mieux intégrer :

  • le pays de production ;

  • le mix électrique ;

  • le transport ;

  • les pratiques agricoles ;

  • les conditions de transformation.

Lorsque l’origine n’est pas connue, une valeur moyenne ou par défaut peut être utilisée.

Quels changements pour les fabricants ?

L’affichage environnemental ne constitue pas seulement un nouvel élément de communication.

Il oblige progressivement les fabricants à mieux connaître :

  • leurs recettes ;

  • leurs approvisionnements ;

  • leurs fournisseurs ;

  • leurs modes de transport ;

  • leurs emballages ;

  • leurs procédés industriels ;

  • leurs principaux postes d’impact.

Cette connaissance peut ensuite alimenter une démarche d’écoconception.

Les principaux leviers d’amélioration

Une entreprise peut réduire le coût environnemental de ses produits en travaillant sur :

  • la quantité de viande ou de fromage ;

  • le choix des matières premières ;

  • les pratiques agricoles ;

  • l’origine ;

  • la saisonnalité ;

  • les transports aériens ;

  • l’énergie utilisée dans les usines ;

  • la consommation d’eau ;

  • le poids des emballages ;

  • les pertes de production ;

  • la durée de conservation ;

  • le gaspillage.

Quels changements pour la grande distribution ?

Les distributeurs disposent d’un rôle central, car ils contrôlent :

  • les références proposées ;

  • les marques de distributeur ;

  • les informations affichées en rayon ;

  • les sites de vente en ligne ;

  • les relations avec les fournisseurs ;

  • les promotions ;

  • le positionnement des produits.

L’affichage environnemental pourrait leur permettre de :

  • comparer les fournisseurs ;

  • fixer des objectifs d’écoconception ;

  • améliorer les recettes des marques de distributeur ;

  • mettre en avant les produits les moins impactants ;

  • créer des filtres de recherche en ligne ;

  • intégrer l’environnement aux politiques d’achat ;

  • suivre l’évolution de l’empreinte d’un rayon.

Le risque d’une utilisation purement marketing

Le score pourrait aussi être utilisé de manière sélective :

  • affichage uniquement sur les produits obtenant un bon résultat ;

  • communication sur une réduction mineure ;

  • comparaison avec un produit volontairement très impactant ;

  • absence de transparence sur l’unité ;

  • utilisation d’une méthode différente selon les références.

Un encadrement commun est donc indispensable pour assurer des comparaisons loyales.

Quelles conséquences pour la restauration collective et commerciale ?



Le dispositif public du coût environnemental concerne d’abord les produits mis sur le marché, mais la logique peut être adaptée aux recettes et aux plats servis en restauration.

Dans une cantine, un restaurant universitaire ou un restaurant d’entreprise, l’affichage peut permettre de comparer :

  • un plat de bœuf ;

  • un plat de volaille ;

  • un plat de poisson ;

  • un plat végétarien ;

  • plusieurs garnitures ;

  • plusieurs menus complets.

Les données nécessaires pour un plat

Le calcul d’une recette nécessite notamment (si possible) :

  • la liste des ingrédients ;

  • les quantités ;

  • les origines ;

  • les labels ;

  • les pertes de préparation ;

  • le poids de la portion ;

  • les procédés de cuisson ;

  • éventuellement l’emballage et la livraison.

Les principaux usages en restauration

L’affichage environnemental sert à :

  • informer les convives ;

  • augmenter le choix de plats bas carbone ;

  • mesurer l’impact moyen des menus ;

  • suivre les progrès ;

  • identifier les recettes les plus impactantes ;

  • accompagner les chefs dans la reformulation ;

  • produire des indicateurs ESG ;

  • alimenter un bilan carbone ;

  • sensibiliser en jouant,

Quelles sont les principales critiques de l’affichage environnemental ?


Une note unique masque les compromis

Un score agrégé rassemble plusieurs impacts.

Deux produits peuvent obtenir le même résultat pour des raisons différentes :

  • l’un émet beaucoup de carbone, mais utilise peu d’eau ;

  • l’autre émet moins de carbone, mais exerce une forte pression sur l’eau ;

  • un troisième utilise davantage de terres, mais moins d’énergie.

Le chiffre final facilite la comparaison, mais masque une partie de ces arbitrages.

La biodiversité reste imparfaitement représentée

La biodiversité est locale, complexe et difficile à résumer.

Les méthodes d’ACV peinent encore à mesurer pleinement :

  • la disparition d’espèces ;

  • les pratiques agricoles favorables aux habitats ;

  • les haies ;

  • les prairies permanentes ;

  • la qualité biologique des sols ;

  • la diversité des rotations ;

  • les effets des pesticides à long terme.

Le risque de pénaliser les productions extensives

Une production extensive peut utiliser davantage de surface ou produire moins par hectare, tout en apportant certains bénéfices écologiques.

La dépendance aux données des entreprises

Un produit très bien documenté peut être calculé avec précision, tandis qu’un autre utilise des valeurs génériques.

Il faut éviter qu’une entreprise obtienne artificiellement un meilleur score simplement parce qu’elle sait sélectionner les paramètres les plus favorables.

L’absence de dimension sociale

Le coût environnemental ne mesure pas directement :

  • les revenus des agriculteurs ;

  • les conditions de travail ;

  • le commerce équitable ;

  • le bien-être animal ;

  • la souveraineté alimentaire ;

  • l’accessibilité économique ;

  • la qualité nutritionnelle.

Un produit bien noté sur l’environnement n’est donc pas nécessairement équitable, sain ou accessible.

Comment utiliser correctement le coût environnemental ?

Pour le consommateur, les meilleurs réflexes sont les suivants.

Comparer des produits similaires

Le score est particulièrement utile pour choisir entre :

  • deux recettes de lasagnes ;

  • deux yaourts ;

  • deux biscuits ;

  • deux plats préparés ;

  • deux types de steaks.

Ne pas oublier la nutrition

Utilisez le coût environnemental avec :

  • le Nutri-Score ;

  • la liste des ingrédients ;

  • le niveau de transformation ;

  • les recommandations nutritionnelles.

Regarder au-delà du logo

Lisez, lorsque ces informations sont accessibles :

  • l’origine ;

  • la saison ;

  • le mode de production ;

  • les labels ;

  • le type d’emballage ;

  • les engagements du fabricant.

Raisonner sur l’alimentation globale

Le choix le plus efficace ne consiste pas toujours à prendre une marque légèrement mieux notée.

Les grands leviers restent :

  • réduire la viande rouge ;

  • augmenter les légumineuses ;

  • choisir davantage de plats végétaux ;

  • limiter le gaspillage ;

  • respecter les saisons ;

  • éviter les transports aériens ;

  • réduire les achats inutiles.

Faut-il faire confiance à ce nouvel affichage ?

Le coût environnemental constitue une avancée importante pour rendre visibles des impacts qui restent aujourd’hui largement cachés.

Ses principaux points positifs sont :

  • une méthode publique ;

  • un outil ouvert ;

  • une analyse multicritère ;

  • la prise en compte du cycle de vie ;

  • une meilleure comparabilité ;

  • un levier d’écoconception ;

  • une incitation à améliorer la traçabilité.

Ses principales limites sont :

  • une méthodologie encore en évolution ;

  • des données parfois moyennes ;

  • une biodiversité difficile à représenter ;

  • un score agrégé qui masque certains détails ;

  • un niveau de précision variable ;

  • un déploiement encore volontaire ;

  • des contrôles à préciser.

Le score est utile comme outil de comparaison et d’amélioration, mais il ne doit pas être présenté comme une mesure parfaite ou définitive de la durabilité.

Quel avenir pour l’affichage environnemental alimentaire ?

La stratégie publique française prévoit désormais son déploiement sous une forme volontaire encadrée.

Les prochaines étapes devraient porter sur :

  1. la stabilisation de la méthode ;

  2. l’ajout de nouveaux ingrédients dans Ecobalyse ;

  3. l’amélioration des données agricoles ;

  4. l’intégration de la biodiversité ;

  5. le cadre de contrôle ;

  6. les modalités graphiques ;

  7. la publication des données ;

  8. l’accompagnement des PME ;

  9. l’articulation avec les règles européennes ;

  10. une éventuelle extension progressive à davantage de produits.

La méthode devra également s’articuler avec :

  • le Product Environmental Footprint (PEF) européen ;

  • la réglementation sur les allégations environnementales ;

  • les scores privés déjà utilisés ;

  • les exigences de lutte contre le greenwashing.

FAQ sur l’affichage environnemental alimentaire

Qu’est-ce que le coût environnemental d’un aliment ?

Le coût environnemental est une valeur chiffrée représentant plusieurs impacts générés au cours du cycle de vie d’un produit alimentaire. Plus le chiffre est élevé, plus le produit est considéré comme impactant.

Le coût environnemental est-il exprimé en euros ?

Non. Le mot "coût" désigne une pression environnementale agrégée, exprimée en points et non en monnaie.

Le score est-il déjà obligatoire en supermarché ?

Non. En 2026, il reste volontaire. Il commence à apparaître sur certains produits, mais n’est pas généralisé à l’ensemble des magasins et des références.

Le score est-il identique au Nutri-Score ?

Non. Le Nutri-Score mesure la qualité nutritionnelle. Le coût environnemental mesure les impacts sur l’environnement.

Le score prend-il en compte le carbone ?

Oui, mais il intègre aussi d’autres dimensions comme l’eau, l’usage des terres, les ressources et différentes formes de pollution.

Le transport est-il pris en compte ?

Oui. Le transport fait partie du cycle de vie, tout comme la production, la transformation et l’emballage.

Le bio obtient-il automatiquement un bon score ?

Non. Le mode de production biologique peut améliorer certains paramètres, mais le résultat dépend également du rendement, de l’origine, du transport, de la recette, de la transformation et de l’emballage.

Les produits étrangers peuvent-ils être calculés ?

Oui. Leur niveau de précision dépend de la disponibilité des données et de leur traçabilité.

Peut-on calculer le coût environnemental d’un plat de restaurant ?

La méthode et les données environnementales peuvent être utilisées pour évaluer une recette ou une portion.

En résumé

L’affichage environnemental alimentaire entre progressivement dans une phase concrète.

Depuis le printemps 2026, certains consommateurs peuvent rencontrer sur des produits alimentaires une nouvelle valeur correspondant à leur coût environnemental. Cet affichage reste volontaire, mais il préfigure une information plus harmonisée et potentiellement plus largement déployée.

Il repose sur :

  • l’analyse du cycle de vie ;

  • les données AGRIBALYSE ;

  • l’outil public Ecobalyse ;

  • plusieurs catégories d’impact ;

  • les données de recette, d’origine, de production, de transport et d’emballage.

Son intérêt ne réside pas uniquement dans le chiffre affiché au consommateur. Il permet aussi aux entreprises d’identifier les étapes les plus impactantes et d’améliorer leurs produits.

Pour être réellement utile, il devra cependant rester :

  • transparent ;

  • comparable ;

  • régulièrement actualisé ;

  • contrôlé ;

  • accessible aux petites entreprises ;

  • accompagné d’informations sur sa méthode et son degré de précision.

L’affichage environnemental ne désigne pas à lui seul l’aliment “parfait”. Il rend simplement visibles des impacts qui, jusqu’à présent, étaient presque toujours absents de l’étiquette.

Comment FoodPrint accompagne les professionnels

FoodPrint accompagne les acteurs de la restauration et de l’alimentation dans la mesure, l’affichage et la réduction de l’impact de leurs produits et recettes, depuis 2022.

La solution permet notamment de :

  • calculer l’empreinte carbone des plats ;

  • analyser les ingrédients et leurs quantités ;

  • comparer plusieurs recettes ;

  • intégrer les origines et les modes de production ;

  • générer des affichages compréhensibles pour les convives ;

  • suivre l’évolution des menus ;

  • identifier les principaux leviers de réduction ;

  • produire des indicateurs environnementaux et ESG.

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